Programme Droits des femmes Cybersécurité Violence numérique Juin 2026

La violence n'a pas de frontières physiques. Pour des milliers de femmes migrantes au Québec, elle prend la forme d'un message menaçant envoyé à 2 h du matin, d'un profil usurpé sur les réseaux sociaux, d'une photo partagée sans consentement, ou d'un ex-conjoint qui surveille chaque déplacement via une application installée à leur insu. Ce sont des formes de violence numérique — et elles restent trop souvent sans réponse.

Depuis juin 2026, Fusion Québec dispose d'un programme opérationnel de cybersécurité pour femmes migrantes au Québec. Ce programme n'est pas une promesse. C'est une infrastructure de protection, déjà en action.


Les femmes migrantes face à un angle mort de la protection

Le harcèlement en ligne, la cyberintimidation, le stalking numérique et l'usurpation d'identité constituent des formes graves de violence. Les femmes migrantes y sont particulièrement exposées : souvent isolées linguistiquement, peu familières des recours légaux locaux, et parfois dans des situations de dépendance qui compliquent toute démarche de signalement ou de protection.

À cela s'ajoute un facteur propre à la migration : la violence numérique ne s'arrête pas aux frontières. Des situations de contrôle ou de harcèlement amorcées dans le pays d'origine se prolongent ici, via les mêmes plateformes, les mêmes numéros de téléphone, les mêmes comptes de réseaux sociaux. La femme change de pays — l'agresseur reste connecté.


Un programme ancré dans le mandat de Fusion Québec

La cybersécurité n'est pas un sujet technique. C'est un enjeu de droits. Fusion Québec l'aborde sous l'angle de la protection des droits des femmes — un axe explicitement inscrit dans sa mission depuis sa fondation en 2023 et confirmé dans ses accords stratégiques avec 50+1 International et l'UVEG.

Le programme s'articule autour de trois axes concrets :

1. Ateliers de prévention et de sensibilisation

Des ateliers pratiques — en français et en espagnol — permettent aux femmes de comprendre leurs droits numériques, de reconnaître les signes d'une relation de contrôle en ligne, de sécuriser leurs comptes et appareils, et de constituer une preuve numérique utilisable en cas de plainte formelle.

2. Accompagnement individuel

Pour les femmes qui vivent ou ont vécu une situation de violence numérique, Fusion Québec offre un accompagnement personnalisé : évaluation de la situation, élaboration d'un plan de sécurité numérique, et préparation à la démarche légale — étape par étape, dans leur langue.

3. Référencement vers les autorités compétentes

Fusion Québec oriente les femmes vers les ressources adaptées à leur situation :


Le cadre légal existe — encore faut-il le connaître

Les lois québécoises et canadiennes offrent des recours concrets contre la violence numérique. Le Code criminel canadien criminalise le harcèlement criminel (art. 264), la distribution non consensuelle d'images intimes (art. 162.1), les communications menaçantes (art. 264.1) et la fraude d'identité (art. 403). Au Québec, la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé et la jurisprudence en développement sur la cyberviolence renforcent encore ce cadre.

Le problème n'est pas l'absence de protection légale. C'est que les victimes — en particulier celles qui viennent d'arriver, qui maîtrisent peu le français ou l'anglais, ou qui ne connaissent pas le système canadien — ignorent ces recours. Fusion Québec comble ce pont.


Une politique portée par une conviction institutionnelle

"La violence faite aux femmes a toujours évolué avec les outils disponibles. Aujourd'hui, une partie de cette violence passe par un écran. Notre réponse doit passer par le même canal."

Ce programme est la suite logique de l'architecture que Fusion Québec a construite depuis 2023 :

Chaque accord a posé une brique. Aujourd'hui, la protection des femmes migrantes au Québec couvre trois dimensions complémentaires : l'intégration sociale, l'accès à la langue, et la sécurité numérique.

Ce n'est pas un programme de plus. C'est une réponse cohérente, construite dans le temps, à une réalité que les institutions tardent encore à nommer.

Román Méndez
Román Méndez
Juriste, criminologue et spécialiste en gouvernance · Fondateur de Fusion Québec
Il œuvre à l'intersection du droit, de la migration et du développement économique le long du corridor Canada–Mexique.
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